Les e-commerçants se lancent dans le commerce traditionnel


Il y a 10 ans, il fallait que les marques physiques soient toutes sur le web. Aujourd’hui ce sont les e-commerçants qui se lancent dans la vente traditionnelle. Un virage qui remet le consommateur au cœur du lien à la marque.

Depuis quelque temps, nous voyons s’ouvrir des boutiques par des pure-players tels que Google, Amazon ou des vépécistes comme La Redoute et Birchbox. Une stratégie qui s’est intensifiée en 2016.

Actu Daytona - paiement en ligne

Un développement par étape

Pour les grands acteurs du online, l’ouverture d’un magasin physique ne se fait pas du jour au lendemain. Par exemple, Birchbox, qui ouvrira sa première boutique européenne fin mars, avait préféré commencer par un pop-up store l’année précédente. De même, Amazon, le leader de la vente en ligne a d’abord ouvert des pop-up stores avec ses produits high tech dans des centres commerciaux, avant d’ouvrir sa première boutique de type épicerie (Amazon Go) à New York. Selon le PDG du géant américain, leur stratégie est « D’apprendre, plutôt que d’essayer de gagner de l’argent » (LSA Commerce connecté). L’ex pure-player prévoirait d’ouvrir plusieurs autres magasins physiques en Europe et adapterait sa stratégie selon les retours des premières ouvertures.

 

Une complémentarité des canaux

Experts en solutions digitales, les sites sont connectés avec les boutiques ou concept stores, comme pour la marque de décoration AM.PM. de La Redoute qui met en évidence des  tablettes pour que les clients commandent directement sur le site un objet qu’ils auraient vu en magasin.

Les pure-players ne rencontrent pas les mêmes difficultés que les magasins traditionnels devant s’adapter au digital. Ils sont déjà maîtres en la matière. lls arrivent à renforcer la complémentarité entre leur site e-commerce et leur magasin physique et proposer un parcours d’achat sans couture à leurs consommateurs. Dans son nouveau concept Amazon Go (LSA Commerce connecté) a fait disparaître les caisses. Les consommateurs utilisent l’application d’Amazon pour enregistrer leurs produits au fur et à mesure et paient directement via leur smartphone à la fin.

Du côté vendeur, la force de vente a accès aux données clients et à leur historique d’achat en magasin. C’est également le cas pour certains brick & mortar, mais mal maîtrisé pour la plupart.

 

Des points de vente innovants

D’après les premières ouvertures de magasins physiques d’acteurs numériques, leurs points de vente ne ressemblent pas à des magasins classiques. Certains ne vendent rien sur place et utilisent le lieu comme showroom pour présenter leur collection et permettre aux clients de tester directement les produits. C’est le cas de Google qui a ouvert sa boutique Made by Google (LSA Commerce & Consommation) en octobre dernier pour mettre en avant son nouveau smartphone Pixel, son assistant personnel Home et son casque de réalité virtuelle Dreamview. Les visiteurs peuvent tester les produits Home dans des pièces de la maison reconstituées, comme une cuisine ou un salon.

D’autres services sont aussi proposés dans ces concept stores. Birchbox installera un Beauty Studio à un de ses étages, pour faire des ateliers de maquillage et offrir des conseils d’experts (LSA Commerce connecté). La Redoute propose des coachings déco, des rencontres avec les designers et la découverte en avant première de ses nouveautés.

Actu Daytona - magasin AM.PM. La Redoute

© LSA

Une rencontre avec le consommateur

Jusqu’à maintenant, les pure players n’avaient pas l’occasion d’aller à la rencontre de leurs clients et de créer un véritable lien. Leur dimension physique aux yeux des consommateurs se limitait à un écran d’ordinateur. Ils peuvent aujourd’hui présenter un visage. Cette dimension physique est d’ailleurs très recherchée par un design travaillé des magasins.  

Actu Daytona - Magasin Made by Google

© TechCrunch

Par ailleurs, certains produits ont besoin d’être manipulés et expliqués. En permettant au client de toucher leurs produits et de les essayer, ces marques arrivent à toucher le consommateur lui-même et à augmenter leur notoriété.

La complémentarité des canaux en ligne et hors ligne se fait de plus en plus sentir. Les Brick and mortar deviennent des Click & mortar, les pure players disparaissent pour donner naissance à des concepts hybrides. Tout ceci pour continuer à proposer un parcours toujours plus fluide aux clients et des services toujours plus innovants et impactants.